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Éditions Sulliver : actualité

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En exergue

«Ce pays qui a fait de Rimbaud un commerçant, de Flaubert un retraité, de Verlaine le locataire d'un taudis, de Lautréamont un mort anonyme, de Stendhal un inconnu, de Mallarmé un fonctionnaire subalterne, de Baudelaire un paria, de Nerval un pendu, de Bloy un proscrit... mais qui se prosterne devant le soldat inconnu, donne des leçons et se range du côté des dictateurs...»
FP Mény, Conquête du désastre
 

Guérilla solo

«Sans répit asservir la résistance incongrue de la réalité du monde!
Gommer le saisissant parallèle entre l’enrichissement incessant des pays riches et la paupérisation toujours accentuée des pays pauvres!
Dans les pays prétendus riches, faire simultanément accepter pour naturels l’accroissement lancinant du chômage et de la précarité, et les augmentations faramineuses des salaires des dirigeants des grandes sociétés!
Et les obscènes envolées de la bourse à l’occasion des vagues de licenciements collectifs successivement rebaptisées dégraissages économiques, puis ajustements structurels!
Et ces vibrants discours sur la paix dans le monde, et les pogroms, génocides et autres épurations ethniques, spécialités les plus vendues aux catalogues des marchands d’armes!»
La guérilla des poètes

«Affublée des oripeaux affligeants de ses déguisements successifs, la vérité n’est plus qu’une loque agonisante. Un pantin que l’on rend présentable, le temps d’une émission, à grand renfort de maquillage et de produits dopants…»
L'âge de cendre

«La moralité moralisante est le plus pernicieux outil de pensée qui se puisse imaginer. Un ersatz de la morale. Son détournement immoral. Une copie truquée. Cent fois plus intransigeante que l’original et mille fois plus complaisante. Accommodante avec qui tient le manche, impitoyable pour qui souffre sous la cognée. Cauteleuse sous le masque de la rigueur, dévoyée sous le couvert de l’honnêteté.»
Appel au possible

«… que penser d’une communauté qui s’obstine à se perpétuer en entretenant la débilité des individus qui la composent, que penser d’une communauté qui arbore sur son torse les médailles de ses grands principes tout en crachant avec le naturel le plus désarmant sur les valeurs avec lesquelles elle les fait reluire, que penser de nous autres piteux pantins qu’un clignement de cils suffit à faire basculer de la lumière où nous plastronnons vers l’ombre où nous nous éteignons, cette pusillanimité est-elle à mettre au débit de notre condition ou à celui des contraintes et manipulations que lui fait subir la collectivité…»
La citadelle Espérance

Le livre et ses chaînes

Probablement la fameuse "chaîne du livre" est-elle un peu rouillée. Ou bien des maillons forts ont-ils trouvé le moyen de l'utiliser à leur profit exclusif. Toujours est-il qu'il nous faut bien l'admettre, ainsi que des lecteurs nous le font régulièrement observer: noyés sous le flot du Grand Consensus, nos livres sont bien peu visibles dans les colonnes des journaux comme sur les tables des librairies.
Vous qui nous rendez visite sur ce site, si vous y avez trouvé ce que vous étiez venu(e) y chercher, alors un mot, un lien, un conseil de lecture adressés à un ami, à une connaissance que vous saurez sensibles aux valeurs et aux textes que nous défendons et ce maillon d'attention et de partage pourrait être l'amorce d'une nouvelle chaîne. Une chaîne autrement fiable. Résistante!
 

Toujours d'actualité

«Il y a dix mille façons de s’occuper de la vie et d’appartenir à son époque. Nous ne sommes pas pour que dans un monde désorganisé les intellectuels se livrent à la spéculation pure. Et la tour d’ivoire nous ne savons plus ce que c’est. Nous sommes pour que les intellectuels entrent eux aussi dans leur époque; mais nous ne pensons pas qu’ils puissent y entrer autrement qu’en lui faisant la guerre.»
Antonin ARTAUD

«Des mots? Quand nous manions des quartiers de monde, quand nous épousons des continents en délire, quand nous forçons de fumantes portes, des mots, ah oui, des mots! mais des mots de sang frais, des mots qui sont des raz-de-marée et des érésipèles et des paludismes et des laves et des feux de brousse, et des flambées de chair, et des flambées de villes…»
Aimé CÉSAIRE

«Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.»
Franz KAFKA

«… parce que être poète, de nos jours, c’est vouloir de toutes ses forces, de toute son âme et de toute sa chair, face aux fusils, face à l’argent qui lui aussi devient un fusil, et surtout face à la vérité reçue sur laquelle nous, poètes, avons une autorisation de pisser, qu’aucun visage de la réalité humaine ne soit poussé sous le silence de l’Histoire.»
Sony LABOU TANSI