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Éditions Sulliver : actualité

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En exergue

«T’as beau te planquer derrière le quotidien, les mots et les couleurs et les sons et les émotions et les songes et les images te retrouveront. Cache-cache éternel. Nous sommes les enfants sacrifiés, qui se loveront parmi les ruines futures de cette civilisation ultralibérale (oui je sais j’utilise des mots de commentateurs avisés en attendant que ça passe, que ça s’effondre comme un château de cartes).»
Yann Bourven, Chroniques du Diable consolateur     

Guérilla solo

«Le clivage immémorial entre l’infime partie de l’humanité affiliée au principe de cupidité infinie et l’immense majorité dédiée, les armes ou les outils à la main, à la défense et à l’accroissement des intérêts bien compris des premiers!
Le peuple impuissant à secouer ce joug scellé par d’abondantes promesses d’outre-monde et par l’illusion inlassablement distillée que la richesse débordante du sommet ne manquerait pas un jour de ruisseler jusqu’à venir irriguer les plus basses couches!»
La guérilla des poètes

«… j’achète je vends je vends j’achète rien de plus légitime pourquoi assigner au substantif spéculation cette connotation négative, j’achète lot de terres agricoles en Éthiopie sous réserve d’évacuation des paysans, j’achète droit à polluer dans le port d’Abidjan et passivité tarifée des douaniers, je vends beau morceau de banquise fonte en cours détroit possible plus-value assurée, je vends superbes coupes sombres en Amazonie question indienne sous contrôle, je vends mines de diamant congolaises à saisir avant fin rébellion, j’achète matières premières alimentaires exonérées de traçabilité, j’achète gaz de schiste et nappe phréatique d’un seul tenant, je vends usine française libre de tout salarié, je vends avenir à court terme de l’Europe communautaire, les transactions s’effectuent au grand jour la transparence est de mise puisque l’infamie est admise et si ce substantif procure des profits substantiels, qui peut s’offusquer de cette logique grammaticale…»
La citadelle Espérance

«Combien sous le tapis bitumé de la raison se sont creusées les ornières boueuses des sophismes biaisés les nids de poules effarées où sont couvés les œufs monstrueux du progrès décérébré, leurs éclosions favorisées par les coups de becs incessants des béjaunes assermentés des cénacles et des aréopages!
Combien d’entrisme et de noyautage de l’outrage et de l’iniquité dans le corps douloureux de notre morale au sexe tenu grand ouvert et à discrétion par nos caïds col blanc de la tournante légale!»
Ils ont tué l'albatros

Toujours d'actualité

«En littérature, je suis pour le grand contre le petit, et, en politique, je suis pour les petits contre les grands.»
Victor HUGO

«Une civilisation où seuls participent à la culture les gens qu’on appelle cultivés, et qui possède de la culture une idée soi-disant réservée, mais que n’importe qui d’autre part peut bousculer pour peu qu’il s’initie dans les livres, est une civilisation qui a rompu avec ses sources primitives d’inspiration.»
Antonin ARTAUD

«Je reste absolument persuadée que les bons livres concernent un très large public et que c’est pur mépris du peuple de penser que seules des fabrications de bas étage font la graine des best-sellers. Mais il est de la responsabilité de chacun de lutter pour que cette diversité subsiste et que ceux qui la font exister puissent trouver un équilibre économique. La création artistique et littéraire s’est toujours faite contre les forces dominantes de la société et cela n’a pas changé. La censure n’est plus aujourd’hui le fait du prince – elle est économique.»
Colette LAMBRICHS

«Une langue morte n’est pas seulement une langue qui n’est plus parlée, ni écrite, c’est aussi une langue rigide qui se mire avec satisfaction dans sa propre paralysie. Comme le langage étatique, censurant autant que censuré. Acharné à remplir ses devoirs de maintien de l’ordre, il n’a d’autre désir ou dessein que d’entretenir l’expansion enivrante de son narcissisme exclusif et souverain. Bien que moribond, un tel langage n’est pas sans effet, car il contrecarre activement le fonctionnement de l’esprit, esquive la conscience, étouffe le potentiel humain.»
Toni MORRISON