Critique littéraire et politique :: Ombre portée Notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu :: David Bosc

Ombre portée
Notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu

David Bosc

« Il y a chez Bernanos cette idée lumineuse que l’on peut quelquefois donner ce que soi-même on ne possède pas, le bonheur, la foi, l’espérance, le courage. […] Aragon, lui, a voulu se donner par la littérature tout ce dont il était dénué. Il s’est aventuré en imagination avec des idées d’accapareur, des desseins de razzias solitaires. Douanier du rêve, il défendait l’accès des mondes merveilleux qu’il disait avoir courus. »

Extrait :
De la servilité d’Aragon au parti communiste, il n’y a plus grand’chose à dire ; elle s’étale empressée, goulue, fantastique, sur plus d’un demi-siècle et s’est manifestée dès les premières heures – qui furent un roman : Les Cloches de Bâle. Sa première mission. Très classiquement, on lui avait demandé de combattre le romantisme anarchisant, de disputer aux libertaires la jeunesse en rupture, la bohème artiste et déclassée. Jusque-là, rien d’exceptionnel. Mais Aragon y montre déjà sa belle manière, son tour particulier. Pour entamer les charmes de la môme anarchie, il susurre qu’elle a les flancs trop maigres, une pâleur de chlorose, le souffle brûlant et court, il insinue quelque maladie de fille à soldat : les cercles anarchistes sont des repaires d’indicateurs, de roussins, de véritables flics, et les bandits tragiques, des pions aux mains des chefs de la Sûreté, de simples provocateurs.


code EAN :
9782911199387


Paru le 28/02/1999
format 105x170
80 pages
5 euros


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