Éditions

code EAN :
9782351220788


Parution : 09/06/2011
format 13x20
240 pages
18 euros

Traversée de la conscience

Eric Coulon

C’est une journée qui pourrait-être ordinaire. Et pourtant, dans ce petit appartement, à partir d’interrogations sur une mystérieuse femme aimée, des évènements étranges vont faire irruption et, se succédant, esquisser les contours des vérités profondes qui se cachent derrière la façade banale de notre quotidien.
Les mystères de forces inconnues qui nous entourent et nous habitent s’offrent à la réflexion du narrateur. Des évocations saisissantes le traversent, lui laissant entrevoir l’accès à un savoir universel qu’il découvre à sa portée. Une aventure intérieure hors du commun s'amorce...
«Insondable réseau, irrésistible tourbillon de destins, de fluctuations et d’influences. Empire des innombrables, invisibles et subtiles présences. Ici et là, à l’instant, partout: pressions, vibrations, respirations, énergies, intensités, flux et reflux d’informations et de matières.»

Éric Coulon est philosophe et directeur de l'Agence E.R.G.C. / Culture & Transmission. Cofondateur de la revue Trans-Humance, il est l'auteur de l’essai Le Dévoiement du christianisme, aux éditions Sulliver, d’un ouvrage sur la pensée de Raymond Abellio, et le fondateur-organisateur des Rencontres de Seix (autour de l’œuvre et de la pensée d’Abellio).

Extrait :

Rien à espérer d’une telle journée, tout pourtant à attendre d’elle. Faire en sorte d’être disponible à l’advenir. Une journée apparemment sans horizon déterminé, sans but apparent ni explicite. Une journée où je vais perdre du temps afin de me retrouver dans la durée et dans son suspens.
J’ai conscience que «ma» journée est à peine entamée, ce qui me réjouit. Je reste assis au bord du lit, le regard fixé sur un papillon de nuit couleur cendre venu il y a deux soirs se poser sur le mur qui me fait face, au-dessus de mon bureau, et qui depuis n’a plus bougé. Je le regarde avec insistance et en viens à me dire que je ne l’envie pas, lui qui est tout entier confondu avec cette silencieuse et équanime immobilité ancrée dans le non-temps, lui qui se trouve tout entier fondu dans la profondeur larvaire d’avant le temps. Je sais que demain matin il ne sera plus là, qu’il aura disparu, non seulement du mur mais du monde visible. L’âme légère du papillon. Je le regarde sans le contempler, toujours cependant avec une certaine curiosité, quand, tout à coup, le mur qui le porte disparaît littéralement derrière une nuée dense et opaque d’indéchiffrables présences entremêlées, réalités indistinctes mais qui pourtant, chacune dans leur unité et leur unicité, demeurent parfaitement déterminées. Il m’est impossible de les définir bien que leur nature commune me soit immédiatement et mystérieusement révélée. Infernale apparition surgie de nulle part.
Cette irruption brusque dans mon champ de vision de ce que je sais maintenant être, par une soudaine et irrationnelle infusion de savoir, l’infinité condensée des possibles, se répand autour de moi, telle l’invasion irrésistible d’une horde compacte et frémissante, fascinante et repoussante, sauvage et indisciplinée d’occultes entités. Je suis assailli par cette trouble et troublante substance inorganique dont la densité ne cesse de croître. Elle m’enveloppe à présent tout entier puis pénètre et se répand lentement en moi, finissant par créer un nuage opaque dans mon esprit. Une angoisse diffuse que je ne peux maîtriser me saisit. Je n’ai aucune prise sur elle. Je ne peux plus me raccrocher à rien. Je suis à la merci de cette immense vague de chaos qui submerge chaque parcelle de mon être.